L’ancien président Joseph Kabila, après un long silence complice de près d’une décennie, s’est enfin exprimé ce 23 mai 2025, se posant en donneur de leçons. Mais l’Histoire, elle, a de la mémoire. Elle ne saurait tolérer que l’on offense la vérité avec une telle audace.
Ainsi, ne pouvant rester muet face aux mensonges et à la falsification de notre histoire récente par Joseph Kabila, j’ai décidé d’éclairer notre peuple, point par point, afin de rétablir la vérité, en mémoire de ceux qui se sont battus pour réparer ce que Kabila a détruit durant son règne à la tête de notre pays :
- Mettre fin à la dictature ou plutôt à la tyrannie
Quel cynisme, de la part de celui qui a transformé la RDC en une démocratie de façade pendant dix-huit ans ! Tandis que les Congolais réclamaient la liberté, il répondait par les balles. Il a régné par la peur, les arrestations arbitraires, les assassinats ciblés et la militarisation de la vie politique. Le militant de droit de l’homme dont Floribert Chebeya et Fidèle Bazana, le Pasteur Archibishop Kutino Fernando, les adeptes de BDK au Kongo Central, les adeptes du Prophète Mukungubila, le journaliste Franck Ngykye et son épouse Hélène Mpaka, Luc Nkulula, Armand Ntungulu, l’activiste Rossy Mukendi ou encore Thérèse Kapangala sans oublier les martyrs de l’UDPS brûlés vifs au sein de la permanence de ce Parti aujourd’hui au pouvoir et tant d’autres, sont tombés sous le régime Kabila. Parler aujourd’hui de tyrannie, c’est oublier que le peuple a dû lui arracher le pouvoir auquel il s’accrochait sans la moindre légitimité.
- Arrêter la guerre
Quelle ironie ! Le pays fut en guerre pendant l’essentiel de son règne. Il a soutenu des groupes armés dans l’Est, en a intégré d’autres dans l’armée pour asseoir son pouvoir, signé des accords opaques avec le Rwanda, et ignoré les rapports onusiens dénonçant le pillage des ressources nationales par sa propre famille et ses alliés. Le régime actuel a hérité d’un pays en lambeaux, et œuvre, malgré les obstacles, à la pacification par la voie diplomatique et le renforcement de nos forces armées, autrefois envoyées au front sans équipement adéquat.
- Rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national
C’est là précisément l’échec flagrant du régime Kabila. Les groupes armés prospéraient avec sa bénédiction. Des pans entiers du territoire étaient abandonnés, livrés aux seigneurs de guerre, parfois même intégrés dans l’armée sans aucun processus clair. L’autorité de l’État se limitait aux villes sous contrôle militaire. Le régime actuel a mis fin à cette duplicité, assumant la reprise du contrôle à la fois militaire et civil.
- Restaurer la démocratie et l’État de droit
Sous Joseph Kabila, la Constitution fut violée à maintes reprises : prolongation illégale de mandat après 2016, instrumentalisation de la Cour constitutionnelle, musellement de la CENI. Il n’y avait ni élections crédibles ni institutions indépendantes. La démocratie renaît aujourd’hui grâce à des scrutins réguliers, à l’indépendance du pouvoir judiciaire, et à un pluralisme politique effectif.
- Rétablir les libertés fondamentales
Kabila, qui a quitté le pays clandestinement sans y être contraint, parle aujourd’hui de libertés fondamentales, comme si son régime ne les avait pas étouffées. La presse était bâillonnée, les manifestations interdites, les opposants jetés en prison ou poussés à l’exil. Sous Félix Tshisekedi, les prisonniers politiques ont été libérés, les médias pluralisés, et les marches pacifiques désormais encadrées par une police républicaine, non plus réprimées dans le sang.
- Réconcilier les Congolais et reconstruire la cohésion nationale
Kabila a fracturé le tissu social, exacerbé les clivages ethniques, et attisé les divisions. Il a appliqué la vieille méthode du « diviser pour mieux régner » afin de se maintenir au pouvoir. Aujourd’hui, le processus de réconciliation est engagé de manière irréversible : il est institutionnalisé et fondé sur l’inclusion politique de toutes les composantes socio-politiques du pays.
- Bonne gouvernance économique, orthodoxie administrative, équité
Le pays émerge d’une période de prédation inédite. Sous Kabila, les contrats miniers léonins ont saigné les finances publiques ; la corruption systémique était la norme. Le régime actuel mène une lutte active contre la corruption, a renforcé les organes de contrôle comme l’IGF et la Cour des comptes, et a annulé des contrats désavantageux conclus sous l’ère Kabila. Il pose les bases d’une économie fondée sur la transparence, et non sur le clientélisme.
- Dialogue avec les pays voisins pour la paix régionale
Pendant dix-huit ans, Joseph Kabila a pactisé avec les voisins au détriment du peuple congolais. Il a toléré — parfois même soutenu — la présence de milices étrangères sur le territoire national. Aujourd’hui, un dialogue structuré est mené avec la CIRGL, l’EAC, la SADC et l’UA, dans un esprit de diplomatie de paix et de respect de notre souveraineté.
- Crédibilité régionale, continentale et internationale
Kabila a terni l’image du pays par la fraude électorale, la corruption et les violations massives des droits humains. Aujourd’hui, la RDC siège avec respect dans les grandes instances internationales. Les relations bilatérales se multiplient. La voix du pays est désormais écoutée, portée par un leadership à la fois fort et légitime.
- Neutralisation des groupes armés et rapatriement des étrangers
Il faut rappeler que ces groupes armés ont pris racine sous Kabila, souvent avec sa complicité. Son régime a intégré, sans vérification, de nombreux criminels de guerre et étrangers à la solde des certaines puissances voisines. Ces mêmes forces trahissent aujourd’hui toute stratégie militaire visant à les déloger. Actuellement, la réforme de l’armée est en marche, les FARDC se redéploient, et l’État reprend l’initiative, tant militaire que diplomatique.
- Fin du mercenariat et respect des conventions internationales
Il est pour le moins étonnant que Kabila évoque aujourd’hui la question des mercenaires, lui qui a eu recours à des compagnies étrangères, notamment zimbabwéennes et namibiennes, pour assurer sa propre sécurité et celle des sites stratégiques. L’actuel gouvernement, quant à lui, respecte les conventions internationales et œuvre à la professionnalisation de l’armée. Le recours aux moyens privés est strictement encadré par la loi.
- Retrait des troupes étrangères
Quand Kabila salue le retrait des troupes de la SADC, il feint d’ignorer qu’il en avait lui-même sollicité et signé l’entrée en 2013. Le gouvernement actuel, dans une logique de souveraineté assumée, accompagne ce retrait dans le cadre d’un plan concerté avec les États partenaires.
En conclusion, Joseph Kabila ferait bien de méditer cette maxime : « Le silence est parfois la forme la plus haute de sagesse, surtout quand le passé accuse. » L’heure n’est pas aux leçons, mais à l’assainissement. Ceux qui ont détruit ne peuvent se faire passer pour des bâtisseurs. Ceux qui ont volé la voix du peuple ne peuvent prétendre parler en son nom aujourd’hui.
Honorable Peter Kazadi

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