Le député national Gratien Iracan s’insurge contre ce qu’il qualifie de « dérive institutionnelle » au sein de l’Assemblée nationale, après la présentation expéditive de la réédition des comptes 2024 suivie, seulement 24 heures plus tard, de l’examen du projet de loi de finances pour l’exercice 2026.
Selon l’élu de la Province de l’Ituri, cette cadence anormalement accélérée prive le Parlement de son rôle constitutionnel de contrôle et interroge sur les véritables intentions du pouvoir exécutif.
Une réédition des comptes expédiée “sans débat”
Présentée la veille devant les députés, la réédition des comptes 2024 — un document essentiel pour évaluer la performance budgétaire de l’État — a été immédiatement envoyée en commission sans qu’aucun échange de fond n’ait été permis en plénière.
Un passage en force que Gratien Iracan juge inacceptable :
« Sans tirer les leçons de la gestion passée, comment bâtir des prévisions crédibles ? », s’est-il indigné.
Pour l’élu, l’analyse des comptes publics ne peut être réduite à une simple formalité administrative. Elle constitue la base même de la planification budgétaire et un outil indispensable pour corriger les dérives financières, identifier les écarts et renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics.
Le Budget 2026 présenté dans la foulée : une démarche troublante
À peine un jour après cette transmission éclaire, le gouvernement a déjà défendu le projet de loi des finances 2026.
Une démarche que le député qualifie de « suspecte » et porteuse de risques :
« Le contrôle parlementaire ne doit pas être expédié. Qu’est-ce que le Pouvoir cache à travers cette précipitation ? », interroge-t-il.
D’après lui, ce télescopage entre deux textes majeurs — l’un portant sur le bilan financier de l’État et l’autre sur les projections futures — remet en cause la sincérité et la crédibilité du processus budgétaire.
Il rappelle que le budget n’est pas un exercice théorique, mais le reflet des priorités nationales et de la gouvernance réelle.
Un appel à restaurer le sérieux dans la gestion publique
Le député Gratien Iracan estime que la construction d’un État solide et crédible exige rigueur, responsabilité et transparence.
« Ce n’est pas de cette manière que nous allons bâtir un beau pays », insiste-t-il.
Il appelle l’Assemblée nationale à assumer pleinement son rôle de contre-pouvoir, à exiger un examen rigoureux de la reddition des comptes 2024 et à refuser toute démarche visant à contourner le débat démocratique.
Un signal politique fort
La sortie publique de Gratien Iracan intervient à un moment où la gestion financière de l’État est au cœur des préoccupations citoyennes, notamment après plusieurs alertes de la Cour des comptes sur des écarts budgétaires importants.
En dénonçant cette « précipitation », l’élu lance un avertissement clair : le Parlement ne doit pas devenir une simple chambre d’enregistrement, mais rester un pilier essentiel du contrôle démocratique.
Michel Kasanga

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