Le député national Gratien Iracan tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. À la faveur de l’analyse de la réédition budgétaire 2024, l’élu met en lumière deux scandales financiers d’une gravité exceptionnelle au sein du Ministère des Affaires étrangères. Selon lui, ces irrégularités traduisent non seulement un dysfonctionnement systémique de la chaîne de la dépense, mais relèvent clairement du détournement des deniers publics.
Scandale financier n°4 : 802 515 USD sortis des caisses de l’État sans aucune procédure
Le premier dossier mis en avant par Gratien Iracan touche la rubrique Entretien, décoration et réparation d’édifices du Ministère des Affaires étrangères. Les chiffres sont vertigineux.
- Crédit voté : 27 447 969 CDF (9 626 USD)
- Engagement : 0
- Liquidation : 0
- Ordonnancement : 0
Paiement effectué : 2 314 676 215 CDF (812 141 USD)
Ainsi, 2,3 milliards CDF ont été décaissés sans aucune étape légale de la chaîne de dépense. Le dépassement total atteint 2 287 228 246 CDF, soit 802 515 USD.
Pour le député Iracan, il ne s’agit plus d’une irrégularité administrative, mais d’un « paiement sans autorisation légale assimilable à un détournement caractérisé ». Aucun document, aucune trace comptable, rien ne justifie cette sortie massive des fonds publics.
Il rappelle qu’avec 802 515 USD, l’État aurait pu financer :
- 100 forages d’eau potable pour lutter contre le choléra,
- 40 salles de classe neuves pour désengorger les écoles,
- 25 centres de santé équipés en zones rurales,
- 160 latrines publiques modernes.
« Pendant que des enfants étudient à 80 par classe et que nos familles boivent de l’eau insalubre, 2,3 milliards CDF disparaissent dans le silence total », martèle le député, dénonçant un « crime économique contre la population ».
Scandale financier n°3 : Manipulation flagrante des primes et indemnités – un détournement masqué
Le second dossier touche la rubrique Primes, gratifications et indemnités. Là aussi, les distorsions sont alarmantes :
- Crédit voté : 100 909 279 CDF (35 407 USD)
- Engagement : 497 500 000 CDF (174 561 USD)
- Liquidation : 497 500 000 CDF (174 561 USD)
- Ordonnancement : 34 785 000 CDF (12 205 USD)
- Paiement réel : 356 378 000 CDF (125 045 USD)
Le dépassement global atteint 255 468 721 CDF, soit 89 638 USD.
Selon Gratien Iracan, cette opération relève d’une stratégie de contournement de la chaîne de la dépense :
- engagement multiplié par cinq par rapport au crédit voté ;
- liquidation gonflée ;
- ordonnancement réduit pour limiter les contrôles ;
- paiement final largement supérieur à l’autorisation.
Avec 89 638 USD, le pays aurait pu acquérir 19 couveuses néonatales, cruciales dans un contexte où la RDC compte encore 25 à 30 décès pour 1 000 naissances vivantes. D’après les estimations, ces équipements auraient permis de sauver près de 95 nouveau-nés par an.
« Quand on détourne l’argent public, ce ne sont pas des chiffres qui disparaissent, ce sont des vies humaines sacrifiées », insiste l’élu.
Un appel à la responsabilité et aux poursuites
Gratien Iracan exige que des enquêtes judiciaires soient ouvertes sans délai et que les auteurs de ces irrégularités répondent de leurs actes. Il appelle également l’Assemblée nationale à jouer pleinement son rôle de contrôle parlementaire afin d’éviter que « de telles dérives ne deviennent la norme ».
Pour le député, la réédition budgétaire 2024 révèle un système où la dépense publique est manipulée, contournée et instrumentalisée au profit d’intérêts privés. Une situation qu’il qualifie de « menace directe à la crédibilité de l’État et à la dignité du peuple ».
Ces révélations viennent s’ajouter à une série de dénonciations faites par Gratien Iracan ces derniers mois. Elles renforcent l’idée d’un profond malaise dans la gestion des finances publiques en RDC.
Au-delà des chiffres, l’élu rappelle que chaque franc mal utilisé est un recul pour l’éducation, la santé, l’eau potable et la dignité des citoyens.
Un scandale qui appelle des réponses fermes. Et vite.
✍🏾 Michel Kasanga

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