À l’issue de ses vacances parlementaires, la députée nationale Dr Isabelle Yumba Kalenga livre un diagnostic sans complaisance de la ville de Kamina, dans la province du Haut-Lomami. Dans un rapport détaillé transmis à l’Assemblée nationale, l’élue met en lumière une crise multidimensionnelle marquée par des défaillances institutionnelles, une insécurité persistante, des infrastructures délabrées et un accès limité aux services sociaux de base. Face à ces défis structurels, elle lance un appel urgent à l’action et propose des mesures concrètes pour amorcer le redressement de cette entité stratégique.
Dans ce document détaillé adressé au Rapporteur adjoint de la Chambre basse, l’élue met en lumière une série de dysfonctionnements structurels qui entravent le développement de la ville de Kamina, chef-lieu de la province du Haut-Lomami.
Une instabilité institutionnelle et sécuritaire persistante
Sur le plan politique et administratif, le rapport dénonce une instabilité au niveau du Gouvernorat, consécutive notamment au rejet du budget provincial 2026 par l’Assemblée provinciale. Face à cette situation, l’honorable Yumba appelle à l’implication directe du Chef de l’État et des autorités de tutelle pour une résolution définitive.
La question sécuritaire demeure également préoccupante. La députée souligne le faible effectif de la Police nationale congolaise à Kamina, combiné à un manque criant de logistique. Elle recommande un renforcement significatif des effectifs ainsi que la dotation en équipements adéquats (véhicules, motos, armes et munitions).
Par ailleurs, le fonctionnement des entités territoriales décentralisées est entravé par une insuffisance des frais de fonctionnement, tandis que l’administration publique souffre d’un déficit d’infrastructures adaptées.
Une justice sous pression et un système carcéral dégradé
Le rapport met également en exergue les faiblesses du système judiciaire local, notamment le manque de magistrats à la Cour d’appel du Haut-Lomami et au Parquet général.
La situation carcérale à Kamina est jugée alarmante, avec une surpopulation pénitentiaire, des conditions de vie précaires et des infrastructures en mauvais état. L’honorable Yumba préconise :
• l’organisation régulière d’audiences foraines pour désengorger les prisons ;
• le transfert des détenus condamnés vers des établissements plus sécurisés ;
• l’augmentation des allocations financières destinées à la prise en charge des prisonniers.
Des infrastructures économiques en ruine
Sur le plan économique, le constat est tout aussi préoccupant. La députée déplore la dégradation avancée des routes et des ponts, qui entrave l’approvisionnement de la ville et provoque une pénurie de denrées alimentaires.
Elle recommande notamment :
• la réhabilitation des axes routiers reliant Kamina aux autres entités ;
• l’asphaltage des routes urbaines.
Le secteur énergétique est marqué par un accès très limité à l’électricité. Pour y remédier, elle propose la réhabilitation de la centrale hydroélectrique de Kilubi et le captage du courant haute tension depuis Kibula.
L’accès à l’eau potable constitue un autre défi majeur, avec une recrudescence des maladies hydriques. La députée appelle à :
• la réhabilitation du réseau de la REGIDESO ;
• le forage de puits d’eau conformes aux normes environnementales.
Transport, investissement et agriculture en difficulté
Le rapport pointe également les conditions précaires d’exploitation de l’aérodrome de Kamina, limitant l’accès aérien. L’élue recommande de doter la RVA de moyens pour l’asphaltage de cette infrastructure.
Dans le secteur ferroviaire, elle insiste sur la nécessité de réhabiliter les rails de la SNCC afin de soutenir la commercialisation des produits agricoles.
L’environnement des affaires reste peu attractif, en raison notamment du déficit énergétique, freinant l’implantation de nouvelles entreprises. Elle exhorte le Gouvernement à créer des conditions économiques favorables à l’investissement.
Éducation, santé et information : des services sociaux en souffrance
Sur le plan social et culturel, l’honorable Yumba Kalenga dresse un constat sévère :
• Manque d’infrastructures universitaires et d’enseignants qualifiés ;
• Vétusté des écoles, dont certaines non couvertes par le programme PDL-145 territoires ;
• Non-mécanisation des enseignants, affectant la qualité de l’éducation.
Dans le secteur de la santé, la ville souffre d’un manque d’hôpitaux et de laboratoires modernes, compromettant l’accès aux soins. Elle recommande la mise en place de structures médicales adéquates et spécialisées.
Enfin, l’accès à l’information reste limité en raison des difficultés de la RTNC provinciale, confrontée à un manque d’électricité, d’équipements et d’infrastructures. La députée appelle à renforcer les capacités de ce média public pour garantir une information fiable et accessible.
Un appel à l’action urgente
En conclusion, l’honorable Dr Isabelle Yumba Kalenga insiste sur la nécessité d’une attention particulière des institutions nationales, afin de répondre efficacement aux multiples défis identifiés.
« Tous ces problèmes nécessitent une attention particulière de l’Assemblée nationale en vue de leur mise en œuvre », souligne-t-elle, plaidant pour des actions concrètes en faveur du développement de Kamina.
✍️ Michel Kasanga

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