Accord de paix RDC-Rwanda : Julien Paluku réplique vivement à Olivier Nduhungirehe sur la question des FDLR

Le ton s’est encore sensiblement intensifié dans le débat sécuritaire qui oppose la République Démocratique du Congo (RDC) au Rwanda concernant la présence des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans l’Est du pays. Julien Paluku, ancien gouverneur du Nord-Kivu et actuel ministre de commerce extérieur, a répondu avec force aux propos tenus par son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe, sur la question de ces groupes rebelles installés dans l’est congolais.

Dans sa réplique, Paluku a décrit la rhétorique de Kigali comme « une vieille narration de 30 ans qui a aveuglé le monde », affirmant que cette histoire est déformée et utilisée pour masquer la véritable réalité de la présence des FDLR en RDC.

Une présence historique revendiquée mais contestée

Selon le Ministre Julien Paluku, la majorité des FDLR seraient concentrés dans la région de l’Est de la RDC depuis 1998, période durant laquelle ces groupes sont accusés d’avoir participé (ou d’être liés) à des violences dans la région. Il précise : « Sur ces 30 années, les FDLR ont occupé l’Est de la RDC principalement pendant 8 ans de 1998 à 2003 (5 ans), puis de 2022 à 2025 (actuellement, soit 3 ans). Seuls, les Rwandais y seraient présents ou y ont été. »

Il fait référence à la « majorité » de ces combattants comme étant « recyclés » par le régime de Kigali, citant à cet effet plusieurs rapports des experts de l’ONU soulignant qu’il ne resterait plus qu’un millier de combattants, démontrant l’affaiblissement de ces groupes.

Une lutte contre la stigmatisation et la désinformation

L’ancien gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku accuse Kigali d’avoir une stratégie de dissimulation et de manipulation : « En témoigne tous les rapports de l’ONU, qui indiquent qu’il ne reste qu’un millier de FDLR recyclés par le régime de Kigali. » Il dénonce également « la rhétorique de la haine tribale et la stigmatisation » qui selon lui, tentent de justifier une intervention sur le territoire congolais sous des prétextes fallacieux.

Le ministre estime que la guerre contre la propagande doit continuer : « Déconstruire un mensonge inoculé comme du venin depuis 30 ans est un travail de longue haleine. » Et d’ajouter : « Nous, acteurs de terrain, avons tout expliqué au monde entier : la réalité des FDLR, leur origine, leur position. »

Une critique acerbe du rôle de Kigali

Paluku ne mâche pas ses mots en dénonçant un « plan conçu dans ses laboratoires » par Kigali, pour détruire la stabilité en RDC et « détruire à petit feu l’espoir des générations ». Il invite à la vigilance, notamment contre ceux qui, selon lui, « se laissent rouler » par Kigali, affirmant que seuls les « Congolais distraits » peuvent encore tomber dans le piège.

Le ministre appelle ses compatriotes à rester vigilants « face à cette lutte menée sur plusieurs fronts » et à continuer à dénoncer la stratégie de déstabilisation menée par le régime rwandais.

Une crise qui reste sensible

Ce bras de fer verbal témoigne de la tension permanente entre Kinshasa et Kigali, qui s’accusent mutuellement d’ingérence, de soutien aux groupes armés, et de destabilisation. La RDC exige le retrait des FDLR de son territoire, tout en dénonçant une ingérence rwandaise directe. De leur côté, Kigali accuse Kinshasa de favoriser ou de laisser agir les groupes rebelles congolais, notamment ceux qui mènent des attaques en territoire rwandais.

L’avenir de cette crise sécuritaire en RDC demeure incertain, mais il est clair que la réponse de Kinshasa, incarnée par Julien Paluku, se veut ferme et déterminée à démentir la version officielle rwandaise, tout en affirmant sa volonté de défendre la souveraineté nationale face aux accusations et tentatives de manipulation.

✍🏾 Michel Kasanga

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