Une commission d’enquête parlementaire se rendra prochainement en Ituri, dans le territoire meurtri de Djugu, afin de faire la lumière sur les massacres de civils enregistrés entre juin et octobre 2025. Le député national Iracan Gratien de Saint-Nicolas, élu de Bunia, affirme avoir officiellement saisi la plénière de l’Assemblée nationale conformément à l’article 211 du Règlement intérieur, pour obtenir la mise en place de cette mission parlementaire.
Selon l’élu de l’Ituri, plus de 200 personnes ont été tuées au cours de cette période dans une vague de violences attribuées à des groupes armés actifs dans la région. « Trop de sang a coulé dans l’indifférence totale. Il est temps de briser le silence », a déclaré le député, dénonçant « l’inaction » des autorités face aux tueries massives visant les populations civiles.
Iracan Gratien a indiqué avoir personnellement proposé que la commission soit conduite par Christophe Mboso N’Kodia Pwanga, 2ᵉ Vice-Président de l’Assemblée nationale. Une manière, selon lui, de garantir la crédibilité et la portée nationale de cette mission, qui se veut « une délégation de vérité et de justice ».
Dans sa communication, le député a posé une série d’interrogations qui ouvrent la voie à une enquête aux implications potentiellement explosives :
- Qui finance les groupes armés – qui sèment la terreur en Ituri ?
- Sous quelle couverture opèrent les forces génocidaires qui massacrent les populations ?
- Pourquoi l’État congolais reste-t-il silencieux alors que des atrocités sont commises au vu et au su de tous ?
Pour l’élu de Bunia, l’enjeu dépasse la simple constatation des faits sur terrain : il s’agit de démasquer les réseaux de complicités et de mettre fin à l’impunité, citée comme l’un des moteurs de la persistance de la violence en Ituri.
Le député Iracan Gratien appelle ses collègues députés, le gouvernement et la communauté nationale à prendre leurs responsabilités face à « la souffrance d’un peuple abandonné ». « La vérité doit éclater », martèle-t-il, estimant que la mission parlementaire permettra de documenter les crimes, écouter les survivants et pointer les responsabilités.
La décision officielle de mise en place de cette commission d’enquête est attendue lors d’une prochaine plénière. Si elle est entérinée, il s’agira d’une étape majeure dans la recherche de justice pour les victimes des conflits à répétition en Ituri.
Michel Kasanga

Poster un Commentaire