Assemblée nationale : “Ne faisons pas les choses à moitié” : Christelle Vuanga secoue la plénière sur deux propositions de loi clés

L’intervention remarquée de la députée nationale Christelle Vuanga a marqué ce mardi la séance plénière consacrée à trois réformes législatives d’importance capitale :

  • l’examen et l’adoption d’un décret de 1940 modifié et complété par la proposition de loi du député Pasi Zapamba, portant Code pénal congolais,
  • et la révision du Code de la route, initiée par le député national Tobie Kayumbii Nkongolo,
  • la proposition de loi relative à la création et à l’organisation de la profession d’Huissier de Justice, impulsée par Mechack Mandefu Muela.

Avec une précision juridique et un sens aigu de la responsabilité publique, Christelle Vuanga a salué l’initiative de ses collègues tout en soulevant des préoccupations de fond destinées à renforcer la portée de ces réformes.

Une loi anticorruption saluée mais appelant à un meilleur équilibre

Évoquant la proposition de loi du député Pasi Zapamba, la députée Vuanga a exprimé sa gratitude pour ce texte qui, selon elle, dote enfin la République d’un instrument juridique clair et robuste pour lutter contre la corruption, véritable « goulot d’étranglement pour la bonne marche de notre République ».

Elle a toutefois relevé un point de vigilance : la responsabilisation quasi exclusive de l’agent public. Au regard du droit comparé, Christelle Vuanga estime que la distinction entre corruption active et corruption passive mériterait d’être davantage intégrée dans la loi, afin de mieux saisir toutes les dimensions du phénomène.

« Pourquoi avoir responsabilisé uniquement l’agent de l’État dans un pays où la corruption est devenue presque culturelle ? Pourquoi ne pas légiférer de manière équilibrée sur les deux formes de corruption ? » a-t-elle interrogé, soulignant la nécessité de s’aligner sur les standards internationaux.

Sécurité routière : Vuanga plaide pour une réforme plus large

S’agissant de la révision du Code de la route, la députée s’est également montrée favorable à l’initiative de son collègue Tobie Kayumbi Nkongolo, tout en déplorant certaines limites du texte.

Elle a en effet rappelé que les enjeux liés à la sécurité routière dépassent largement la seule circulation terrestre. Les multiples naufrages enregistrés chaque année sur les lacs, rivières et voies navigables du pays représentent un autre drame national qu’il ne faudrait pas ignorer.

« Chaque matin, c’est soit au Tanganyika, soit à Kole, soit en Équateur, et même aux portes de Kinshasa. Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups, alors que nous militons pour la préservation de la vie humaine ? » a-t-elle lancé, invitant le législateur à intégrer une réflexion plus globale sur les moyens de transport.

Une intervention applaudie et un appel à la recevabilité des textes

Dans un ton empreint de responsabilité et de lucidité, Christelle Vuanga a conclu en appelant la plénière à déclarer recevables les trois propositions de loi examinées en séance, estimant qu’elles constituent toutes un pas important vers la modernisation du cadre légal congolais.

Son intervention, qualifiée de magistrale par plusieurs observateurs, rappelle l’exigence d’un Parlement vigilant, rigoureux et engagé dans l’amélioration des politiques publiques.

✍🏾 Michel Kasanga

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