Lors de la plénière consacrée à l’examen du projet de loi modifiant et complétant le Code de la route, le député national Olive Mudekereza a livré une intervention marquante, appelant à une refonte profonde de la circulation routière en RDC. Le texte est porté par le député Tobie Kayumbi Nkongolo, déterminé à moderniser un secteur devenu source d’insécurité et de désorganisation.
Un pays sans véritables autoroutes
Mudekereza a pointé du doigt une anomalie majeure : malgré plus de 154 000 km de routes, la RDC ne compte pas 1 000 km d’autoroutes.
Selon lui, le pays devrait depuis longtemps disposer d’un axe moderne reliant Matadi à Kasumbalesa. Il a également dénoncé le coût exorbitant de l’autoroute de Matadi, décrite par les usagers comme « l’une des plus chères au monde ».
Permis de conduire : des tarifs hors normes
L’élu a aussi fustigé le prix du permis de conduire, évalué à près de 90 USD, alors que dans la région, il varie entre 20 et 50 USD. Il estime que ces coûts excessifs poussent les conducteurs vers la corruption et compliquent l’accès à la régularisation.
Le grand oubli : les motos
L’un des points centraux de son intervention concerne les motards, totalement absents du texte en examen. Le pays compte pourtant plus de 100 000 motos, essentielles à l’emploi et à la mobilité.
Mudekereza propose notamment :
- un permis spécifique,
- une autorisation d’exploitation,
- une bande latérale réservée aux motos,
- et une meilleure intégration de ce secteur dans la politique routière.
Selon ses estimations, une régularisation à 50 USD par motard générerait près de 500 millions USD pour l’État, de quoi financer 500 km de routes.
Voies dédiées pour les services essentiels
L’élu a également plaidé pour la création de bandes réservées aux ambulances, véhicules anti-incendie, corbillards et transports en commun, notamment sur les grands axes de Kinshasa.
« Partout au monde, ces voies existent. Chez nous, même les ambulances sont bloquées dans la circulation », a-t-il dénoncé.
Enrichir le texte en Commission
Mudekereza a annoncé son intention d’apporter des propositions supplémentaires en Commission pour renforcer le projet de loi, le rendant plus conforme aux standards internationaux et aux réalités locales.
✍🏾 Michel Kasanga

Poster un Commentaire