Dans un contexte marqué par la réflexion nationale autour de l’avenir institutionnel du pays, l’honorable Nsingi Pululu a livré une intervention de haute portée intellectuelle lors d’une conférence organisée par la Coalition Interconfessionnelle pour la Nation à Kinshasa. Devant un auditoire composé de chefs religieux, d’évêques et d’acteurs sociaux, le député honoraire a défendu une vision profonde et structurée de la Constitution congolaise, vingt ans après son adoption.
Une lecture lucide de la Constitution
Loin des approches strictement académiques, Nsingi Pululu a rappelé une évidence trop souvent négligée : la Constitution n’est pas un syllabus de faculté de droit, mais un organisme vivant. À travers une pédagogie limpide, il a décliné la trajectoire constitutionnelle en trois dimensions complémentaires.
D’abord, l’acte sociologique, où la Constitution prend racine dans la volonté souveraine du peuple. Ensuite, l’acte politique, incarné par le travail des représentants élus appelés à traduire cette volonté dans l’hémicycle. Enfin, l’acte juridique, qui consacre la norme suprême à travers le contrôle de conformité et la promulgation, lui conférant son caractère de Loi fondamentale.
Par cette grille d’analyse, l’élu honoraire réconcilie théorie et réalité, rappelant que toute Constitution tire sa légitimité d’un équilibre subtil entre société, institutions et droit.
L’Académie, conscience technique de la République
Interpellé sur le rôle des facultés de droit, l’ancien parlementaire n’a pas minimisé leur importance. Bien au contraire, il a reconnu à l’Académie un rôle essentiel d’éclairage technique, à la fois en amont des réformes, par l’expertise doctrinale, et en aval, par la production d’analyses critiques nourrissant le débat public.
Mais pour lui, cette contribution doit rester au service de la Nation et non se substituer à la souveraineté populaire. Une mise au point saluée par plusieurs observateurs présents, soucieux d’éviter toute confiscation technocratique du débat constitutionnel.
La responsabilité du législateur
Moment fort de son intervention, Nsingi Pululu a martelé une conviction qui a résonné dans l’assistance :
« Seul un législateur sérieux et compétent est maître de l’interprétation de la Constitution. »
Par cette déclaration, il rappelle que l’intelligence constitutionnelle repose d’abord sur la qualité des hommes et des femmes investis du mandat populaire. Autrement dit, la stabilité institutionnelle ne dépend pas uniquement des textes, mais aussi de la maturité politique de ceux qui les appliquent.
Une position qui recentre le débat sur l’essentiel : la responsabilité des élites politiques dans la préservation de l’équilibre républicain.
Une parole qui élève le débat national
Dans un climat parfois dominé par les postures et les raccourcis, la prise de parole de Nsingi Pululu tranche par sa hauteur de vue. Son intervention aura eu le mérite de replacer la Constitution dans son espace naturel : celui d’un contrat vivant entre le peuple, ses représentants et l’État.
Le dialogue engagé avec les confessions religieuses apparaît ainsi comme une étape significative dans la maturation démocratique du pays. En appelant à une lecture à la fois populaire, politique et juridique de la Loi fondamentale, le député honoraire invite les Congolais à dépasser les clivages pour privilégier une approche responsable et enracinée dans les réalités nationales.
À l’heure où la RDC s’interroge sur la consolidation de ses institutions, la voix de Nsingi Pululu résonne comme un plaidoyer pour une Constitution incarnée, comprise et portée par le peuple — non comme un texte figé, mais comme l’expression vivante d’une Nation en devenir.
✍️ Michel Kasanga

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