Par Michel Kasanga
La République démocratique du Congo traverse un moment de vérité. Une pétition de destitution, dirigée contre le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et plusieurs membres de son bureau, vient de révéler au grand jour une pratique aussi ignoble qu’inacceptable : la falsification des signatures des députés nationaux.
Ce qui aurait dû être un exercice noble de démocratie parlementaire s’est transformé en mascarade. Les premiers constats sont accablants : noms usurpés, signatures inventées, consentements fabriqués. Des députés, pourtant vivants, se découvrent avoir « signé » une pétition qu’ils n’ont jamais vue. Une tricherie indigne, qui souille le temple de la loi.
Des députés pris la main dans le sac
Les signataires de cette pétition portent une lourde responsabilité. En recourant à la fraude, ils n’ont pas seulement trahi Vital Kamerhe et son bureau, ils ont trahi le peuple congolais qui leur a confié un mandat sacré.
Dans l’hémicycle, chaque signature n’est pas un simple gribouillis : elle engage la voix d’une circonscription, la confiance d’un électeur, l’honneur d’une nation. Ceux qui ont falsifié ces signatures ou qui s’en sont rendus complices se sont placés, de fait, en dehors du droit et de la morale.
Une Assemblée nationale décrédibilisée
La question brûle les lèvres : comment croire encore en une institution minée par de telles pratiques ?
Si l’Assemblée nationale accepte que de fausses signatures servent de base à une motion, alors elle scelle son propre discrédit. La démocratie devient théâtre d’ombres, où la vérité est étouffée par des falsificateurs, et où la majorité parlementaire ressemble plus à une association de faussaires qu’à des représentants du peuple.
L’heure des sanctions
Une enquête indépendante et transparente doit s’ouvrir sans délai. Les députés impliqués doivent être identifiés, exposés et sanctionnés avec la plus grande sévérité. Car si cette fraude reste impunie, l’Assemblée nationale ne sera plus qu’un marché noir, un lieu où la triche vaut loi, où la duplicité supplante la vérité.
La République ne peut pas survivre sur une telle imposture.
Un enjeu vital pour la nation
Pendant que l’Est du pays brûle et que les Congolais souffrent, certains élus se permettent de jouer avec le feu institutionnel. Leur obsession partisane met en péril la stabilité d’un État déjà fragilisé. Mais la RDC ne peut pas se permettre d’être gouvernée par des trafiquants de signatures et des manipulateurs de motions.
La démocratie congolaise n’a pas besoin de fausses signatures. Elle a besoin de vrais hommes d’État.
Des députés debout, intègres, conscients que leur mandat n’est pas un passeport pour la fraude, mais un serment pour le peuple.
En initiant une pétition fondée sur le mensonge, les signataires ont ouvert une brèche dangereuse : celle d’une démocratie factice, où le faux se substitue au vrai, où l’imposture tient lieu de droit.
Mais ce peuple, qui a tant souffert pour sa liberté, n’acceptera pas cette trahison. Car si la fraude devient loi, alors la République démocratique du Congo ne sera plus qu’un mensonge pathétique sur papier.
L’heure est venue pour les députés de choisir : soit ils restent complices d’un banditisme institutionnel, soit ils redonnent à la République sa grandeur.
✍️ Michel Kasanga

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