Paris, le 13 juillet 2025
Madame la Présidente de l’Assemblée nationale française, Chère Yaël, Monsieur le Président du Sénat, cher Gérard,
Monsieur le Président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, Cher Hilarion,
Madame la Déléguée générale,
Mesdames et Messieurs les Présidents de Chambres, Honorables Députés et Sénateurs, chers collègues, Mesdames et Messieurs,
Durant notre séjour à Paris, nous avons été abreuvés de réflexions inspirantes et de discours bouleversants, dont l’élégance rhétorique n’a rien cédé à la profondeur philosophique. Je tiens, à cet égard, à saluer tout particulièrement la parole singulière de l’Honorable Président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie qui, à côté de Madame la Présidente Yaël Braun-Pivet et Monsieur le Président Gérard Larcher, a donné à ces assises un souffle remarquable, alliant la force du verbe à la clarté du sens.
Que reste-t-il à dire après eux ? Bien peu, hélas même pour le vieux parlementaire que je suis, et qui, comme vous le savez, n’est guère avare de mots. Je me contenterai donc de vous dire simplement merci. Merci pour l’immense honneur qui m’a été fait, à moi, à mon pays la République Démocratique du Congo et à l’Afrique tout entière, de porter une fois de plus au sein de notre Assemblée la voix de la paix, à travers cette nouvelle résolution que nous avons adoptée. Elle incarne notre engagement commun à faire triompher une paix durable, sans jamais transiger ni sur la justice, ni sur la souveraineté des nations, particulièrement celle de la RDC.
Je suis profondément reconnaissant du privilège de m’exprimer aujourd’hui, en ce lieu chargé d’histoire. Un lieu qui, de Victor Hugo à Jean Jaurès, de Simone Veil à Christiane Taubira, demeure le témoin intemporel des luttes les plus nobles pour l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité ; un lieu où résonne encore l’écho de ce que la langue française a su accomplir par le passé et de la promesse de ce qu’elle peut encore offrir : rassembler les hommes et les femmes de tous les continents, unir sans confondre, conjuguer les différences sans nier les identités, créer des convergences sans étouffer la diversité, et promouvoir un dialogue sincère entre les peuples dans la dignité et le respect mutuel.
Honorables Députés et Sénateurs, chers collègues, Mesdames et Messieurs,
Je vous exprime toute ma gratitude, car cette résolution que nous avons portée ensemble est un acte politique fort, un jalon historique qui témoigne de notre aspiration à une diplomatie parlementaire renforcée, plus active et plus audible dans l’espace francophone. C’est à ce prix que notre Assemblée s’élèvera à la hauteur de la vision de Léopold Sédar Senghor, lorsqu’il affirmait que : « Ce sont les peuples qui, par l’intermédiaire de leurs élus, pousseront les gouvernements à aller de l’avant. »
Ne nous y trompons pas : notre action commune participe d’une quête de sens et de profondeur que nous devons résolument insuffler à la francophonie politique dans son cheminement vers l’avenir. Cette famille à laquelle nous appartenons, ce navire sur lequel nous avons embarqué, navigue sur l’océan agité d’un monde qui n’a d’immuable que le changement. Un monde qui, une fois encore, cède à la tentation du repli sur soi, tandis que monte à l’horizon le spectre inquiétant d’une violence globalisée. Bertolt Brecht ne nous avertissait-il pas que « le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde » ?
L’angoisse d’un naufrage annoncé politique, militaire, économique, humanitaire, climatique, écologique et même numérique contraste pourtant avec notre capacité collective à imaginer un autre cap. Il nous revient alors d’entendre l’avertissement d’Amin Maalouf, lorsqu’il déclare ceci : « Pour la première fois de l’Histoire, nous avons les moyens de débarrasser l’espèce humaine de tous les maux qui l’assaillent, pour la conduire sereinement vers une ère de liberté, de progrès sans tache, de solidarité planétaire et d’opulence partagée. Et nous voilà pourtant lancés à toute allure sur la voie opposée. »
Mais en agissant comme nous l’avons fait, en apportant un soutien clair et sans ambiguïté aux efforts de paix dans la région des Grands Lacs africains, plus particulièrement à l’est de la République Démocratique du Congo, à travers les différents processus en cours, nous avons prouvé que nous pouvions tenir fermement le gouvernail et éviter au navire de chavirer. Nous avons montré que nous étions en mesure de dissiper les angoisses au profit d’une communauté de destin, capable de dépasser les divergences autrefois jugées insurmontables, et de tracer les voies d’une prospérité partagée, à l’image de l’expérience de la France et de l’Allemagne.
C’est dans cet élan que je remercie sincèrement le Président de la République Démocratique du Congo, Son Excellence Monsieur Felix- Antoine Tshisekedi Tshilombo qui n’a pas hésité un seul instant, au nom de la solidarité africaine, d’accorder une subvention substantielle pour l’accomplissement d’une mission de l’APF au Sahel, à l’instar de celle qui a séjourné à Kinshasa et à Kigali. C’est cela aussi l’Afrique que nous voulons, le monde que nous voulons, débarrassé des guerres et des conflits qui tuent et appauvrissent inutilement nos populations.
À ce propos, je souligne que la RDC et le Rwanda sont condamnés, par l’histoire et la géographie, à vivre en bonne entente car aucun des deux pays ne déplacera l’autre et les peuples des deux pays s’entendent. À nous les politiques de jouer notre partition. Je dis simplement que la République Démocratique du Congo est prête. Elle est prête à faire la paix avec son voisin le Rwanda. Elle est prête avec sa jeunesse et ses femmes engagées pour la paix et le développement. Ces femmes qui sont les premières victimes de cette guerre injuste qui nous est imposée. Elle est prête à pardonner, sans renoncer à la justice et la réparation. Notre pays a neuf voisins. Nous voulons réaffirmer, à la demande du Président de la République, notre volonté de renforcer nos liens naturels de coopération et de cohabitation pacifique, avec la République du Congo, avec la République Centrafricaine, avec le Sud Soudan, avec l’Ouganda, avec le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, la Zambie et l’Angola, pour le bien de tous.
Aujourd’hui, le monde fait face à d’autres défis en plus de celui de la pauvreté. Il s’agit notamment de ceux liés à l’énergie et au changement climatique. Qui dans cette salle nierait le fait que la RDC se trouve au cœur de la transition énergétique ? Ne devrions-nous pas tous protéger ce pays, l’aider à retrouver la paix et recouvrer sa capacité à produire du pain pour les enfants du Congo, de l’Afrique et du monde ?
Je conclurai en affirmant que l’engagement de l’APF sur la question congolaise devra se poursuivre, en explorant toutes les opportunités disponibles, avec l’implication des jeunes et des femmes, pour apporter une valeur ajoutée significative à la dynamique en cours visant le retour d’une paix juste, durable et inclusive, ainsi que le rétablissement de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, mon pays, aujourd’hui fortement compromise. La question humanitaire devra aussi faire l’objet d’une attention particulière, pour panser les plaies des familles endeuillées et restaurer, dans leur dignité humaine, les millions d’hommes, de femmes et d’enfants déplacés internes et réfugiés.
Aksanti sana ;
Matondo mingi;
Twasakidila;
Je vous remercie.
Vital KAMERHE LWA KANYIGINYI NKINGI

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