RDC – Augustin Matata Ponyo en exil forcé : un silence enfin brisé, une dénonciation ferme

Après deux mois d’absence remarquée sur la scène politique et médiatique, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo sort de son silence à travers une déclaration de son parti politique, le Leadership et Gouvernance pour le Développement (LGD). Lors d’un point de presse tenu à Kinshasa, Francklin Tshamala, secrétaire général du parti, a confirmé que Matata Ponyo est désormais en exil forcé, contraint de fuir le pays « en violation flagrante de l’article 30 alinéa 2 de la Constitution », selon ses propres mots.

Tshamala affirme avoir eu un entretien téléphonique avec Matata Ponyo, qu’il décrit comme « vivant, en sécurité », mais éloigné de la RDC pour des raisons politiques et sécuritaires. Cette sortie intervient après la condamnation contestée de l’ancien chef du gouvernement par la Cour constitutionnelle en mai dernier, une décision jugée « inconstitutionnelle, inapplicable et honteuse » par le LGD, qui dénonce une justice instrumentalisée par le pouvoir exécutif.

Un exil aux allures de persécution

Le LGD dénonce avec virulence les pressions subies par Matata Ponyo et son entourage : « torture morale et physique, entraves à l’accès aux soins médicaux à l’étranger, empoisonnement présumé, confiscation du passeport de sa fille par la DGM, interdiction de sortie du territoire pour son épouse, et saisie arbitraire de fonds appartenant à son cabinet d’études ». Une série d’actes que le parti qualifie de violations graves des droits humains et d’atteinte à la dignité.

Selon le récit du LGD, c’est le 21 mai, lendemain du verdict de la Cour constitutionnelle, que Matata Ponyo aurait « disparu ». Sa disparition n’a été officialisée que le 31 mai, suscitant de nombreuses interrogations dans l’opinion publique. Aujourd’hui, la confirmation de son exil donne une nouvelle tournure à cette affaire hautement politique.

Matata Ponyo reste engagé

Malgré la distance, Matata Ponyo n’entend pas renoncer à son combat politique. Son parti assure qu’il « reste en contact avec les forces de l’opposition tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », déterminé à militer pour « l’avènement d’un véritable État de droit en République démocratique du Congo ».

Le LGD réaffirme par ailleurs son soutien aux démarches entreprises par les responsables religieux regroupés au sein de l’ASSEINCO et de l’ESCC, en faveur d’une refondation de l’action politique en RDC. « Nous devons redonner sens à notre engagement collectif pour l’intérêt commun », a conclu Francklin Tshamala, appelant à un sursaut national face aux dérives autoritaires.

Pour l’heure, le lieu d’exil de Matata Ponyo demeure tenu secret, ajoutant une part de mystère à cette affaire aux multiples ramifications. Une chose est sûre : l’ancien Premier ministre ne compte pas se taire.

Michel Kasanga

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*