Les députés nationaux originaires de la province de Lomami tirent la sonnette d’alarme sur l’état de délabrement avancé de leur entité, qu’ils qualifient de « trou noir » en matière d’infrastructures. Reçus à Kinshasa par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les membres du caucus ont dressé un tableau sombre d’une province enclavée, minée par l’absence d’investissements publics structurants.
Selon le président du caucus, le député national Augustin Mulumba Kanza, Lomami cumule les handicaps : cinq territoires difficilement accessibles, aucune route asphaltée et une prolifération de ravins qui rendent les déplacements périlleux. Le chef-lieu, Kabinda, pourtant doté du statut de ville, ne serait accessible qu’après une traversée en bac, illustrant l’isolement extrême de la province.
Les élus attribuent cette situation aux conséquences du découpage territorial de 2015. « Tous les patrimoines sont restés au Kasaï-Oriental », ont-ils affirmé, dénonçant un déséquilibre persistant dans la répartition des infrastructures et des actifs publics entre les anciennes provinces issues du démembrement.
Face à ce constat, le caucus plaide pour un plan d’urgence articulé autour de la construction de routes modernes, la réhabilitation des axes prioritaires et le désenclavement effectif des territoires. Les députés insistent également sur le renforcement des capacités administratives locales afin d’améliorer l’accès aux services sociaux de base.
Cette interpellation intervient dans un contexte où les disparités interprovinciales restent un défi majeur pour la gouvernance territoriale en République démocratique du Congo. Pour les élus de Lomami, seule une volonté politique affirmée permettra de corriger les inégalités héritées du découpage et de remettre la province sur la voie du développement.
Michel Kasanga

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