Le verdict rendu dans l’affaire du scandale de l’Hôpital général de référence de Kinkolé continue de provoquer une onde de choc au sein de l’opinion publique. Le médecin David Balanganayi Kayembe, poursuivi pour des faits graves, a été condamné à deux mois de servitude pénale avec sursis d’une année, assortis d’une amende de 25 millions de francs congolais.
Une décision qui, en pratique, laisse le prévenu libre de poursuivre ses activités professionnelles, sous simple surveillance judiciaire.
Une issue judiciaire que l’honorable Isabelle Yumba, députée nationale et médecin de formation, juge non seulement incompréhensible, mais profondément inquiétante.
« Un verdict inconcevable »
Réagissant à chaud, le Dr Yumba n’a pas caché son indignation :
« J’ai été profondément choquée. C’est inconcevable. Extrêmement grave. »
Elle déplore une décision qui, selon elle, banalise des faits d’une gravité exceptionnelle et envoie un signal dangereux à toute la société :
« Laisser passer cela, c’est ouvrir la porte à d’autres violences. C’est une jurisprudence qui risque de faire école. »
Une justice qui interroge face aux violences faites aux femmes
Au cœur de son indignation : la condition de la femme, qu’elle estime encore largement vulnérable et insuffisamment protégée.
« La femme reste chosifiée, vulnérable, souvent sans moyens. Et face à cela, la justice semble minimiser ce qu’elle subit. »
Elle s’interroge également sur l’absence d’éléments médicaux probants ayant pu justifier une quelconque urgence :
• Aucun signe vital alarmant clairement établi
• Aucune preuve d’hémorragie sévère
• Aucun élément clinique démontrant un danger immédiat de mort
« On parle de sauver une vie, mais rien n’a été démontré. Où sont les données médicales ? Où sont les preuves ? »
Une banalisation inacceptable des violences obstétricales
Pour le Dr Isabelle Yumba, ce verdict reflète une réalité plus large et profondément ancrée :
« Est-ce que l’on mesure réellement les violences que subissent les femmes dans les maternités ? »
Elle dénonce une tendance dangereuse à normaliser l’inacceptable :
« Il y a des situations que nous finissons par considérer comme normales, alors qu’elles sont profondément anormales. »
Elle établit un parallèle fort avec d’autres formes de violences :
« C’est comme justifier un homme qui bat sa femme parce qu’il subvient aux besoins du foyer. Ce n’est pas acceptable. »
Le rappel ferme de l’éthique médicale
En tant que médecin, le Dr Yumba insiste sur un principe fondamental :
« Les médecins sont soumis à une éthique et à une déontologie strictes. Rien ne justifie de tels comportements. Rien. »
Elle rejette catégoriquement l’argument selon lequel sanctionner ces actes pourrait décourager les praticiens :
« Dire que punir un médecin empêcherait de sauver des vies est une aberration. Au contraire, cela protège la profession. »
Des conséquences graves sur la santé des femmes
Au-delà de l’acte lui-même, elle alerte sur les conséquences psychologiques et physiques :
• Traumatismes post-accouchement
• Troubles anxieux
• Détresse psychique durable
« Il y a des femmes qui sortent des maternités brisées, traumatisées, parfois à vie. »
Elle s’interroge également sur les manquements médicaux :
« Pourquoi cette patiente n’a-t-elle pas bénéficié d’une anesthésie, alors que c’est un droit fondamental ? »
Un appel à la mobilisation et au recours
Face à ce qu’elle considère comme une injustice, la députée nationale Dr Isabelle Yumba encourage clairement une suite judiciaire :
« La victime a le droit de faire recours. Il faut aller plus loin. »
Elle appelle également à une prise de conscience collective :
« À quand le changement ? Il faut que chacun comprenne que c’est mal. »
Un appel direct à la Première Dame, professionnelle de santé
Dans sa déclaration, l’honorable Yumba interpelle particulièrement la très distinguée première dame Denise Nyakeru Tshisekedi, en insistant sur un élément clé : sa qualité de professionnelle de santé.
« La Première Dame connaît le domaine médical. Elle sait exactement ce que cela implique. »
Elle attend de son engagement une action forte :
« Nous attendons beaucoup de son implication dans ce dossier, mais aussi dans la lutte globale contre les violences et maltraitances que subissent les femmes dans nos structures de santé. »
« Une ligne rouge a été franchie »
Dans une conclusion empreinte d’émotion et de fermeté, le Dr Isabelle Yumba ne mâche pas ses mots :
« Rien, absolument rien, ne donne le droit à un médecin de poser de tels actes. »
Elle met en garde contre les conséquences d’un tel précédent :
« Si nous acceptons cela aujourd’hui, alors nous légitimons la violence demain. »
Un tournant décisif pour la RDC ?
Alors que ce verdict continue de diviser, une question demeure : la justice congolaise vient-elle de poser un précédent dangereux ou s’agit-il d’un électrochoc qui conduira enfin à des réformes ?
Pour le Dr Isabelle Yumba, une chose est certaine :
« Le combat pour la dignité de la femme ne peut pas reculer. Pas aujourd’hui. Pas après cela. »
✍️ Michel Kasanga

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