Zoo de Lubumbashi : le patrimoine national bradé dans le silence ?

Une onde de choc traverse l’opinion publique congolaise après la révélation du renouvellement du contrat de gestion du Jardin zoologique de Lubumbashi. La décision, attribuée à la ministre Nyange, suscite une vive indignation en raison des conditions jugées opaques et du rôle présumé marginalisé des institutions compétentes.

Une décision prise en marge des institutions clés

Selon les informations relayées, l’élément le plus troublant concerne la mise à l’écart de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), établissement public doté d’une autonomie administrative et financière et chargé de la gestion des parcs et jardins en République démocratique du Congo.
Pour de nombreux observateurs, engager l’avenir d’un site zoologique d’importance sans l’avis technique de cette institution pose un sérieux problème de gouvernance.

Soupçons de clientélisme et gestion opaque

Au-delà de la procédure, c’est la nature même du renouvellement qui alimente les critiques. Certains dénoncent une gestion assimilée à du « clientélisme », évoquant un passage en force loin des experts et des mécanismes de contrôle.
Ces inquiétudes sont renforcées par le passé du site, présenté comme ayant été géré durant près de 14 ans sans transparence ni véritable collaboration avec les structures publiques spécialisées.

Dans ce contexte, la décision apparaît en contradiction avec les discours officiels de bonne gouvernance portés au sommet de l’État, notamment sous la présidence de Félix Tshisekedi.

Un patrimoine national au cœur des inquiétudes

Au-delà des querelles administratives, c’est la préservation du patrimoine naturel qui inquiète le plus.
Le zoo, situé à Lubumbashi, est considéré par beaucoup comme un bien public appartenant à la nation. Son renouvellement contractuel sans évaluation indépendante préalable est perçu comme un risque potentiel pour la biodiversité locale et les infrastructures nationales.

Des voix s’élèvent également pour demander des clarifications sur le statut du site :
S’agit-il désormais d’un établissement public autonome au même titre que l’ICCN ?
Ou d’une entité hybride dépendant directement du ministère de l’Environnement ?

Des zones d’ombre qui alimentent la colère

Plusieurs questions restent sans réponse :
• Pourquoi une telle précipitation dans le renouvellement du contrat ?
• Quel est le contenu réel de l’accord signé ?
• Pourquoi les instances de contrôle auraient-elles été contournées ?
• Comment un partenaire présenté comme interne à l’ICCN pourrait-il s’imposer face à un établissement public de l’État ?

Ces interrogations nourrissent les soupçons de trafic d’influence et renforcent le sentiment d’un manque de transparence dans la gestion des biens publics.

L’opinion exige des comptes

Face à cette situation, de nombreux citoyens réclament des explications officielles, ainsi que la suspension immédiate de la décision incriminée dans l’attente d’un audit indépendant.
Au cœur des revendications : la protection de la nature, la transparence administrative et le respect des institutions chargées de la conservation.

Dans un pays où la richesse écologique constitue un héritage stratégique, cette affaire pourrait rapidement dépasser le cadre local et devenir un test majeur pour la crédibilité des engagements en matière de gouvernance environnementale.

✍️ Michel Kasanga

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